Saadani

Notre ennemi dans l'étude est la suffisance. S'instruire sans jamais s'estimer satisfait et enseigner inlassablement.

mercredi 1 juillet 2009

Poème: le devoir de la mémoire

Oublier ?

Oublier, c’est un beau mot !

Disait-on, c’est la vertu !

Mais pourrions-nous,

Avec les cruautés endurées,

Par des créatures abhorrées

Cette vertu honorer?

Ce droit, l’aurions-nous

D’oublier les braves citoyens qui ont succombé

Dans des mouroirs où tous les droits sont prohibés

À Agdz dans la maison de Laglaoui,

À Maggouna avec des militants sahraouis

Ou ailleurs dans des mouroirs inouïs.

Impossible d'oublier.

Jamais, nous n’oublierons

Ceux qui cherchaient

Par les moyens les plus barbares

À éteindre avec dédain des regards

Hissant très haut leur étendard.

Oublier, c'est inadmissible.

Jamais, nous n’oublierons

Ceux causant la mort d’innocents.

Esquintés et baignant dans le sang.

Ensevelis dans des trous sans façon.

Certainement, nous continuerons

De l'index à pointer

Tous ces coupables enrégimentés,

Ayant accepté avec empressement

D’exécuter sauvagement

L’ignoble tâche consistant à torturer.

Ils avaient agité dans notre sommeil des brandons.

Ils avaient profané nos rêves sans pardon

Ils nous poursuivaient partout,

Dans le noir de la nuit surtout

Où nous espérions trouver refuge.

Mais, hélas, sans subterfuge

Les pieds lourds avec bourrelets,

Comme attachés à des boulets,

Nous étions incapables de courir même en rêve,

Pour échapper à leurs serres qui étranglent sans trêve.

Comment oublier sans résipiscence

Ce regard du Chibani défunt,

Qui s’est lâchement éteint

Emportant de son séjour sur terre

L’image des bourreaux de l’enfer.

Animés d’atrocités,

Enfermant derrière ces paupières

Ridées et surexcitées

Faisant songer à de vieilles portières

En bois séculaire,

Rongées par l’érosion,

Qui n’oseraient plus s’ouvrir

Craignant du monde la dérision,

Voulant défier le siècle de l’inique

Méchanceté violente et émétique.

En moi se répétait l’assourdissante

Question et combien rugissante

Peut-on oublier ceux que nous avons laissés

Derrière nous ou trépassés?

L’unique réponse de l’histoire

C’est le devoir de la mémoire.

Posté par ahsaa à 00:18 - Articles de l'auteur - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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